Un smartphone se trouvera peut-être sous votre sapin. Espérons que le père Noël aura aussi pensé à la coque de protection, devenue de plus en plus indispensable tant nos téléphones ressemblent de plus en plus à des bijoux fragiles…

Crédits : Cnet.com

Avez vous déjà vu voler 800 euros ?

La magie de Noël s’est manifestée un peu en avance pour moi. Lundi matin, alors que je sortais de chez moi, mon smartphone a loupé la poche de mon jean pour rencontrer l’escalier, en pierre, de mon immeuble. Quelques secondes après avoir vu une certaine somme d’argent passer devant moi avec une trollface, j’ai ramassé l’objet. Qui n’avait absolument rien d’autre qu’une toute petite marque sur la bordure en métal. Sauvé par sa housse en silicone qui, elle, a pris un coup dans l’un de ses coins. Par chance, il est tombé sur un coin, pour finir sa chute face contre terre, mais visiblement protégé par le contour de la housse. L’écran est indemne.

C’est dans ces moments là qu’on se rappelle de l’ancienne version de nous, celle de 2000, à qui la même chose arrivait avec un Nokia 3310 (le vrai, pas le pâle remake). « Oh bah c’est rien , je vais le remonter ! », se disait-on, en cette époque pas si lointaine ou les téléphones portables étaient des objets de la vie de tous les jours et pas des bijoux que l’on a peur de toucher du doigt.

C’est vrai qu’un écran en verre, une bordure en acier, un dos en aluminium, c’est joli et beaucoup moins « cheap » que du vulgaire plastique. Et ça se recycle mieux. Mais ça se casse. Ça se raye. Ça se cabosse. Et avec la manie des constructeurs d’aller de plus en plus vers des objets scellés, ça rend de plus en plus fatal le moment de la chute.

Le retour de la tartine à deux faces

On croyait avoir atteint le paroxysme de cette mode en 2010 avec la sortie de l’iPhone 4, alias la tartine beurrée des deux côtés. Façade en verre, dos en verre. Un magnifique objet, digne d’une création de Dieter Rams. Mais doublant les chances de l’éclater en morceaux. L’idée, chez Apple, n’a pas duré. Après un iPhone 4s rigoureusement identique, le téléphone s’éloignait progressivement du verre au dos avec l’iPhone 5, pour l’abandonner complètement sur le 6.

Une fêlure qui fait chuter son prix d’occasion de 50 € à 45 € !

Malheureusement, certains constructeurs sous Android commençaient à trouver, avec du retard, que c’était une bonne idée. Sony avec les différents Xperia Z, LG avec l’Optimus G et son pendant Google le Nexus 4… Le coup de grâce vint avec Samsung, grand défenseur du plastique devant l’éternel. Avec le Galaxy S6, le coréen se dit qu’il en avait assez de passer pour le vilain petit canard. Il faut dire qu’avec le S5 et son look « glam » , on avait atteint une nouvelle frontière. Les S6 et S6 Edge, qui eux se sont vendus, ont définitivement réinstallé le verre comme matériau premium à utiliser au dos des smartphones, pour l’esthétique et pour la compatibilité avec la recharge par induction.

À quand un revival de la robustesse nordique ?

On connaît la suite : Apple y est revenu aussi avec les iPhone 8, 8 Plus et X. Les tartines beurrées des deux côtés sont de retour. Et alors qu’on a rarement vu des smartphones aussi élégants et bien finis d’un camp comme de l’autre, il n’a jamais été aussi urgent de les glisser dans une housse qui ne révèle que l’écran et l’appareil photo, flippé comme on peut l’être de voir leur prix de revente baisser suite à une chute.
Et je ne parle pas là que de haut de gamme : la manie du dos en verre a également gagné nombre de smartphones beaucoup plus abordables qu’un iPhone X ou un Samsung Galaxy S8. Peut-être devrait-on accepter l’inéluctable, comme ces gens que l’on croise dans le métro avec des téléphones au verre tellement explosé qu’on se demande comment ils font pour ne pas se couper. Ou peut-être qu’il serait temps pour les constructeurs de se rappeler de ce qui faisait l’intelligence du design original et fonctionnel d’un Nokia.